La diaspora burundaise au Canada décidée à aider les tous petits à conquérir la culture burundaise (I)

Mardi le 06 mai 2008

Les Burundais du Canada, en particuliers ceux de la Région de la Capitale nationale (la ville d’Ottawa en Ontario et celle de Gatineau au Québec), se mobilisent pour revaloriser la langue et la culture burundaise. En effet, cette diaspora entend inculquer les valeurs burundaises aux jeunes nés loin du Burundi pour que le cordon qui les lie au Burundi ne se rompe jamais. Cela est extrêmement important, car il n’y a pire chez l’être humain que de perdre son identité et son origine sociale. Cela est normal d’autant plus que pareil à ce que toute plante dont on coupe les racines sèche, tout un chacun qui perd son origine sociale, ses valeurs et son identité n’est plus digne d’être appelé un humain. Dans cet article qui montre l’engagement culturel des Burundais des villes d’Ottawa et de Gatineau et leurs environs, nous nous baserons sur l’enseignement de l’ikirundi, le jeu du Tambour sacré du Burundi, les Danses traditionnelles féminines et le Camp d’été culturel burundais.

L’enseignement de l’ikirundi

Pour ce qui est de l’ikirundi, la langue nationale du Burundi, la diaspora burundaise au Canada prend de plus en plus conscience de la nécessité d`enseigner sa langue maternelle à ses descendants. Le tout commence à Ottawa sur l`initiative des membres de la Communauté Burundaise du Canada, la CBCA INC en abrégé, qui décide de dépasser l`échelle familiale et créer une école de l’ikirundi à l`intention des enfants de moins de 10 ans. Les cours ont commencé en février en 2007. Le début a été marqué par l’afflue des enfants dont les parents (tous les deux tous Burundais, une mère burundaise ou un père burundais) veulent à tout prix que leurs enfants apprennent la langue du Burundi.

Le cours est dispensé au Charles H. Hulse Elementary Public School. Cette école se situe au 2605, promenade Altavista dans la ville d’Ottawa en Ontario. Une vingtaine d’élèves répondent toujours présents le samedi de 13h à 15h30. Vu qu’ils sont encore peu, ils sont dans une classe de monsieur Patrice Ntafatiro qui a une spécialité en enseignement de langue seconde. Avec l’année scolaire 2008-2009, il y aura une deuxième classe, afin de favoriser le Programme d’enseignement individualisé, surtout que l’année scolaire 2007-2008 beaucoup d’élèves inscrits ne parlent ni ne lisent l’ikirundi.

Selon le président de la Communauté burundaise du Canada, secteur Ottawa-Gatineau, le Gouvernement du Canada accorde des subventions à l`école jusqu’à 90 %. Ces subventions sont allouées à la paye des salaires de l’enseignant, le matériel scolaire, etc.

La Communauté burundaise du Canada le fait, car elle est consciente que cette pensée de Jacques Chirac dans une conférence de Hanoi le 7 octobre 2004 est vraie. Cette pensée est la suivante: « Une langue qui disparaît, c'est une richesse qui disparaît et c'est dramatique. (…) Chaque fois qu'une culture disparaît, qu'une langue disparaît, c'est la culture du monde qui s'affaiblit. Et cela c'est très dangereux, d'où l'importance de la diversité culturelle, et du respect de la diversité culturelle. (…) C'est vrai que si nous arrivions dans un monde où il y aurait une seule langue, cela voudrait dire une seule culture. Et tout le reste disparaîtrait, ce qui serait une véritable catastrophe écologique. ».

L’initiation à l’art du Tambour sacré du Burundi

Mise à part cet enseignement de l’ikirundi, les Burundais de la Région de la Capitale nationale ont d’autres voies pour véhiculer l’art et la culture burundaise chez les jeunes. C’est le cas de l’initiation à l’art du Tambour sacré du Burundi. A Ottawa ou au Canada, il y a plus d’un groupe des Tambours sacrés du Burundi, mais nous nous limiterons à celui dont l’objectif hors pair est l’initiation et l’enseignement du Tambour sacré du Burundi aux enfants. Ce groupe est Loyal Kigabiro : Les Tambours sacrés du Burundi au Canada, LOYAL KIGABIRO en abrégé.

Ce groupe a vu le jour le 1er mai 2006 et est fondé par trois Tambourinaires issus des célèbres Sanctuaires traditionnels des Batimbo du Burundi qui sont Gishora (commune Giheta), Higiro (commune Gitega) et Kidasha (commune Makebuko). Même s’ils ont créé cette équipe à cette date, les activités pour entraîner les enfants ont débuté une année plus tard, soit en juillet 2007, quand leurs Tambours sacrés du Burundi sont arrivés au Canada. Maintenant le groupe compte une vingtaine de membre dont une dizaine d’enfants comme le montre cette photo prise le 20 avril 2008 au Complexe sportif d’Orléans, Ottawa, Ontario (à suivre).

Auteurs: Patrice Ntafatiro et Omer Nsengiyumva

Source: www.burundivision.org