COMMEMORATION DU 36EME ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE HUTU DE 1972, A MONTREAL

Jeudi le 08 mai 2008

Les Burundais de tous les coins de la Province sont venus en masse, ce 3 mai 2008, pour commémorer le génocide hutu de 1972. Hommes, femmes et jeunes de Hull/Gatineau, d'Ottawa, de Sherbrooke, de Québec, de Joliette, de Trois Rivières, de Saint-Jérôme, de Sainte Hyacinthe, de Québec et de Montréal, ont répondu massivement au rendez-vous, malgré un ciel gris.

Les compatriotes du Canada et les amis des Burundais ont répondu massivement au rendez-vous

Les médias et la presse étaient là pour couvrir l’événement. Bien plus, la Communauté Burundaise du Canada a été honorée par la présence de deux Députés : les Honorables Mourani Maria et St-Cyr Thierry qui ont été délégués par le Chef du Bloc québécois à la Chambre des Communes du Fédéral, Honorable Gilles Duceppe. Pour cela, la communauté burundaise du Canada a transmis au Bloc Québécois un message de remerciement et reconnaissance de soutien mutuel.

Père Léopold Durocher est un prêtre canadien témoin du génocide hutu de 1972.

Les cérémonies ont commencé à 10h30 par une messe en mémoire des victimes célébrée à l’Eglise saint-Joseph de Bordeaux par le Père Léopold Durocher (prêtre canadien qui était au Burundi quand le génocide de 1972 a commencé), suivie par une marche manifestation sécurisée, tout au long de laquelle pancartes et slogans faisaient comprendre à tout passant que l’heure est venue de marquer la fin de la politique du silence, car, comme disait le père Guy Pinard avant son assassinat au RWANDA, « avoir l’esprit de silence, même dans des drames, finit par détruire le plus silencieux.»

Pancartes et slogans font comprendre à tout passant que l’heure est venue de marquer la fin de la politique du silence.

Le groupe est arrivé au Monument de la Réparation érigé à cette fin à Montréal (coin Boulevard de l’Acadie et Boulevard. Henri-Bourassa, dans le parc Marcelin-Wilson) où d’autres Burundais les attendaient afin de se recueillir ensemble.

Monument de la réparation, gerbe de Fleurs en la mémoire des victimes du génocide hutu de 1972

Les activités qui s’y sont déroulées sont les suivantes: chant de l’hymne national du Burundi, dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du monument, minute de silence en mémoire des disparus, mot de circonstance par le Président de la Communauté burundaise du Canada suivi des messages des deux députés puis recueillement silencieux avec la main posée sur la stèle du monument.

À 14h30, c’était le départ vers le lieu de réception où un mot d’accueil a été présenté par le Président de la Communauté burundaise à Montréal, suivi du mot du Président National qui a retracé le fil des événements (le concept de Génocide, la planification du génocide contre les Hutu, les faits, l’indifférence de la Communauté Internationale ainsi que des recommandations très pertinentes).

Monsieur Robin Philpot, journaliste et écrivain Canadien auteur des livres : Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali , Montréal 2003, et Rwanda crimes, mensonges et étouffement de la vérité », Montréal 2007, les éditions des intouchables (www.les intouchables.com) a animé une conférence en rapport avec les crimes commis dans la Région des Grands-Lacs et s’est montré engagé à soutenir la Communauté burundaise qui reste déterminée à porter plus haut et fort ses revendications afin que le génocide hutu de 1972 soit reconnu et que justice soit rendue.

Le représentant de la Communauté Rwandaise et celui de la communauté congolaise se sont aussi, par leur présence et à travers leurs discours, montrés solidaires à la cause de la communauté burundaise du Canada.

Tout s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et familiale reflétant une grande solidarité où toute personne était libre de partager ses témoignages avec ses frères qui les suivaient avec un grand intérêt. Les cérémonies ont été clôturées par l’hymne national, à 18h30 (avec un dépassement de 45 minutes au temps alloué à l’occupation de la salle), et personne ne sentait la fatigue. C’était très touchant.

Notre combat ne fait que commencer. Il faut que tout le monde sache la vraie vérité et qu’il garde le devoir de mémoire car l’histoire, elle, reste têtue. Et le jour où cette cause sera entendue, ce sera le jour où le peuple burundais aura recouvré sa dignité.

Reportage: Paulette Evella Nikuze

Source: www.cdp-burundi.org