Le système éducatif burundais : un cône reposé sur le sommet!
Au Burundi, tous les enfants de 6 ans ont l'engouement pour l'école, mais ils ne parviennent pas encore à trouver de la place à l’école primaire. Et s'ils en trouvent, ce sont les parents qui ne peuvent pas trouver des moyens pour payer les frais y relatifs. Il et vrai que SE Pierre Nkurunziza a décrété la gratuité de l’école primaire, mais pour que l’enfant aille à l’école, il y a pas que le minerval, le livre et les cahiers. Il y a aussi l’uniforme et tout ce qui va avec la propreté, la ration alimentaire, les chaussures, etc.
Là je parlais des écoliers. Le même problème, et pire encore, se pose pour les élèves du secondaire. Tous les élèves qui terminent l'école primaire sont en droit de fréquenter l’école secondaire. Ils ne le peuvent pas tous, car la sélection étant très forte et impitoyable, une infime partie y accède. De cette infime partie d'élèves qui parviennent à l'enseignement secondaire, il y en a qui abandonnent en cours de route. La raison la plus en vue est le manque de moyens financiers des parents. Je suis passé par là il y a quelques années et je témoignerai que ça n’a pas été facile. Heureusement que je m'en suis sorti mais je garde une image de pauvreté extrême de nombreux amis de l'école qui n'ont pas pu tenir.
Mis à part les écoliers et les élèves déjà soigneusement sélectionnés, c’est une très petite portion d'élèves qui parvienne à l'enseignement supérieur. Qu’ils sont chanceux ceux-là! Tous les étudiants de l'unique Université publique du Burundi se voient octroyés une bourse. Ils sont logés et nourris au dos du contribuable et peuvent terminer la formation sans débourser aucun sou. Incroyable mais vrai! Et contrairement aux premiers (primaire) et aux seconds (secondaire) qui sont feu et flamme pour poursuivre leurs études, les étudiants rois de l’Université du Burundi n'ont pas de goût pour les études. La preuve est que le taux de réussite qu'enregistre cette Université en dit trop. Je suis sans ignorer qu'il y a d'autres facteurs qui influent sur le taux de réussite, mais la grande responsabilité revient aux étudiants qui passent leurs temps à défier leurs éducateurs et à écouter les politiciens qui les incitent au désordre.
En abordant ce sujet, je voulais attirer l'attention des étudiants bien intentionnés. Il faudrait qu’ils se désolidarisent des fainéants qui veulent passer la moitié de leur vie au campus et rejoignent les salles de cours sans tarder. Demain il sera tard, même, trop tard. Il est anormal que les gouvernements qui se sont succédés à Bujumbura depuis l'indépendance n'aient pas pallié cette situation. Puisqu’elle les arrangeait, ils ont par contre continué à entretenir un système éducatif qui tourne à l'envers. Un ami à moi qui le souligne bien dit que le système éducatif burundais est un cône reposé sur le sommet : c’est par l’apartheid intellectuel burundais qu’il est en équilibre, mais il s’écroulera à coup sûr.
Au moment où tous les gouvernements n’ont fait que du favoritisme éhonté, je salue vivement le pas de géant fait par le gouvernement actuel qui vient de poser un geste louable et, par ailleurs, logique en proclamant la gratuité au primaire. Je souhaite qu'au fur et à mesure que les moyens le permettront, ce même gouvernement accorde la gratuité de l'enseignement secondaire. Et que par contre, l’université perd sa gratuité. J'ai évolué dans ce système, j'ai bénéficié de la gratuité à l'enseignement supérieur alors que mes parents se sont endettés pour payer les frais scolaires au primaire comme au secondaire. Néanmoins, j'ai le courage de dire que ce système est injuste et partisan. Cela ressemble étrangement à un endetté assis sur sa tête. À la longue, il aura des vertiges de plus en plus fortes et au lieu de se rendre d’où il voulait il va s’écrouler. Par voie des conséquences, les étudiants de l’enseignement supérieur devraient payer leurs études dans la limite de leurs moyens. S’ils n’ont pas de moyens, ils se tourneraient vers les institutions bancaires qui les y aideraient. Quant au gouvernement, il devrait concentrer ses efforts sur le développement des ressources humaines et la construction de nouvelles infrastructures d'accueil.
Source: www.burundivision.org