Vendredi le 27 juin 2008
L’ingénieur Rutamucero Diomède est président du mouvement interdit au Burundi « Puissance d’Autodéfense–Amasekanya », en abrégé PA-Amasekanya. Au Burundi, quelques personnes appellent ce mouvement une milice et d’autres, un mouvement terroriste pur et simple. PA-Amasekanya est né il y a plus de 10 ans dans le but de défendre et protéger les Abatutsi du Burundi. Il regroupe des Abatutsi extrémistes qui ne reconnaissent ni la constitution ni les institutions issues des élections de 2005, parce qu’ils s’inscrivent en faux contre le principe, pourtant, universel d’une personne une voix. Le fait qu’il prêche la haine contre une composante de la population burundaise et le fait que la mission de défense des composantes sociales du Burundi incombe uniquement à l’État font que son mouvement soit contraire à la constitution et donc illégal au Burundi.
Docteure Marguerite Barankitse quant à elle est une femme burundaise exceptionnelle! Elle est originaire de la même province Ruyigi et est de la même ethnie que l’Ingénieur Rutamucero et c’est tout ce que les deux personnes ont en commun. Elle est titulaire d’un doctorat honoris causa de l’Université de Louvain, travaille activement et courageusement pour la paix et la réconciliation du Burundi. Elle consacre sa vie aux enfants victimes de la guerre au moment où l’ingénieur Rutamucero, titulaire d’un doctorat en bonne et due forme, passe ses jours à attiser la haine des Burundais. Comme disait le célèbre Martin Luther King, l’obscurité ne peut pas chasser l'obscurité; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine; seul l'amour le peut.
En quelques années et avec des moyens limités et à travers son ONG « Maison Shalom », Docteure Marguerite Barankitse dite Maggy a assisté plus de 50 000 enfants et adultes, ouvert deux centres pour les enfants traumatisés ou mutilés, construit l’hôpital REMA et j’en passe. « Rien ne résiste à l’amour » répète-t-elle dans ses discours à travers le monde. Son message est le suivant: « Jamais le mal n’aura le dernier mot. La foi et l’amour déplacent les montagnes de la haine ». L’action humanitaire et pacifique de Docteure Marguerite Barankitse a été couronnée de nombreux prix internationaux.
Pour ce qui est de l’Ingénieur Rutamucero, après avoir eu du mal à progresser dans sa propagande haineuse au Burundi pendant plus de 10 ans, il s’aventure et effectue un périple qui l’a conduit au Canada, spécialement dans trois grandes villes à savoir Montréal au Québec, Ottawa et Toronto en Ontario. Il vient d’y tenir trois conférences dans le but de sensibiliser le monde et surtout la jeunesse des Abatutsi de la diaspora sur son programme de haine ethnique. Il profite de ses discours haineux pour faire une synthèse de ses deux livres qui ne traitent que la haine ethnique, l’exclusion et la rancune au sein des ethnies du Burundi. Il se base sur ces synthèses pourtant médiocres pour rencontrer ses quelques membres et en recruter d’autres. Dans ses conférences qui ont mobilisé très peu de monde, l’Ingénieur Rutamucero a martelé chaque instant sur le devoir de haine des Abatutsi envers les Abahutu qui, selon lui, ne sont autre chose que des génocidaires. Pour Ingénieur Rutamucero, seuls les Abatutsi sont morts au Burundi et seuls les criminels Abahutu doivent être poursuivis par la justice.
Il est important de signaler que l’ingénieur et les membres de son mouvement qui ont organisé le périple n’ont pu convaincre personne. Pour deux raisons majeures, tous les participants, toutes ethnies confondues, ont démontré vivement que le discours de l’Ingénieur Rutamucero est sans issu dans un pays qui fait tout pour sortir du cycle infernal de violence. D’une part, les participants ont désavoué le conférencier, parce que les deux livres qu’il brandit ici et là manquent de rigueur scientifique. Pour le souligner bien, nous dirions qu’ils ne confrontent pas plusieurs sources. En d’autres mots, ils ne contiennent que des opinions de l’Ingénieur qui se plaît à souligner son titre à chaque phrase. D’autre part, il a été suggéré au conférencier de renouer avec le bon sens, de dénoncer tous les crimes de guerre et, par voie des conséquences, faire condamner tous les criminels toutes les ethnies confondues. Un criminel est un criminel et il n’a pas de race ni d’ethnie. À l’Université d’Ottawa où le conférencier a eu le plus de gêne pour répondre aux questions tant sensées qu’humaines, une jeune fille de l’ethnie Abatutsi s’est levée. Après avoir décliné ses noms et son ethnie, elle a demandé humblement à l’ingénieur Rutamucero de reconnaître qu’au moins une personne de l’ethnie des Abahutu a été assassinée par Abatutsi parce qu’elle en connaissait pas mal. Ingénieur Rutamucero a refusé de le reconnaître. Il a même refusé d’admettre que SE Ndadaye Melchior a été assassiné par l’armée tutsie et que le père d’un des participants n’est pas succombé dans le génocide contre les Abahutu de 1972.
À peine deux semaines après les discours haineux de l’Ingénieur Rutamucero, Docteure Marguerite Barankitse reconnaissait que les Abatutsi comme Abahutu du Burundi tous ont tué. Devant une assemblée des cardinaux, des évêques, des prêtres, des religieux, des religieuses, des chrétiens, des chrétiennes, des journalistes du monde entier, des politiciens, etc. elle a dénoncé et condamné les criminels sans faux-fuyant et surtout a prêché l’amour et la réconciliation. Son discours a été acclamé par les participants au Congrès mondial de l’Eucharistie, les téléspectateurs, les internautes ainsi que les lecteurs de la presse écrite à travers le monde. Pour souligner ce dont nous parlons, les liens (i) et (ii) vous en diront davantage.
De même que les Burundais du Canada épris de paix et d’unité ont salué le discours d’amour et de réconciliation de Docteure Margeurite Barankitse, ils ont refusé de pactiser avec la propagande haineuse de l’Ingénieur Rutamucero. En vue de joindre l’acte à la parole, ils n’écartent pas la possibilité de déposer une plainte contre « la propagande haineuse » de l’Ingénieur Rutamucero à la Commission canadienne des droits de la personne. Nul Burundais ou Burundaise vivant au Canada ne peut plus tolérer un discours trouble fête comme celui de l’Ingénieur Rutamucero. Est-ce que le gouvernement burundais aide-t-il le monde entier en facilitant à cet ennemi de paix tant burundaise que mondiale de quitter le Burundi pour aller attiser la haine des burundais qui ont fui le pays à cause des atrocités des gens comme Ingénieur Rutamucero? Est-ce que Ingénieur Rutamucero sait vraiment que son auditoire a fui le pays à cause des criminels Abahutu et Abatutsi du Burundi ? Pourtant ces orphelins de 1965, 1969, 1971, 1972, 1988, 1993… veulent vivre en paix et dépasser le cycle infernal, alors que Ingénieur Rutamucero ne fait qu’attiser la haine.
Nous saluons tout de même la décision du Conseil national de la communication (CNC) du Burundi qui vient d’inscrire le site www. tutsi.org, principal medium de PA-Amasekanya, sur la liste des medias de la haine (iii). Or, aux quatre coins du globe, nous rencontrons aujourd’hui des médias qui, par les « informations » qu’ils diffusent, risquent à tout moment d’envenimer la situation de crise que connaissent de nombreux pays. Ils contribuent de la sorte à réveiller ou à faire naître au sein des opinions publiques des sentiments racistes, xénophobes, tribalistes, voire des extrémismes religieux et politiques dangereux. En faisant appel aux « bons vieux procédés » - notamment en réveillant les instincts les plus primaires et en véhiculant des archétypes culturels ou « clichés » - des médias préparent et contribuent parfois au déclenchement de guerres sanglantes.
Nous voudrions conclure cet article sur cette belle citation du célèbre Gandhi : « En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur ».
Liens proposés:
(i) http://www.cei2008.ca/biomargueritebarankitse (ii)http://www.ecdq. tv/fr/videos/ b7bb35b9c6ca2aee 2df08cf09d7016c2 (iii) http://www.abarundi.org/v2/modules.php?name=News&file=article&sid=26&mode=thread&order=0&thold=0
Auteur: Commentaire de Bénoit Binati
Source: www.burundivision.org