Léonce Ngendakumana tente d’aider Alice Nzomukunda à récupérer son passeport diplomatique.

Dimanche le 29 juin 2008

Dimanche passé, 22 juin pour être précis, sur les ondes de la radio Isanganiro, le député Léonce Ngendakumana, président du Frodebu, a accusé les leaders du parti CNDD-FDD de rendre la vie dure aux politiciens dans leurs démarches de chercher l’agrément et la légalisation de leurs nouvelles formations politiques. Selon le député Léonce Ngendakumana, le CNDD-FDD lui-même n’aurait jamais été légalisé.

Cette accusation grave mais heureusement sans fondement a été qualifiée de ridicule par ceux qui connaissent le parcours de l’ex-mouvement rebelle.

Non seulement la légalisation du CNDD-FDD avait fait l’objet de discussions lors des négociations d’Arusha, mais surtout l’histoire a retenu que c’est sous le règne d’un président de la République issu du Frodebu que le parti des Bagumyabanga a été agréé et autorisé à prendre part aux élections.

Malgré ces faits têtus, l’Honorable Ngendakumana s’est efforcé de donner des arguties qui, selon lui, auraient motivé le refus d’agrément du parti CNDD-FDD : « Parce qu’il s’agit des Forces de Défense de la Démocratie ». Mais là aussi, le député Léonce a dû manger son chapeau car entre un Front et les Forces, la différence quant à la volonté de combativité ne se faisait pas sentir.

Rappelons que le Front pour la Démocratie de même que les FDD ont été mis en place pour voler au secours d’une démocratie bâillonnée continuellement par des caciques des régimes anti-démocratiques. Comment le député Léonce ose-t-il si scandaleusement renier ses origines et son combat ?

D’aucuns se sont alors posé la question de savoir à quoi rimait cette guéguerre médiatique inopportune. La réponse serait que le député Léonce tente tout pour détourner l’opinion nationale de ses véritables déboires depuis que son rival Jean MINANI a lancé le Frodebu « Véritable ». De sources bien informées, nous apprenons que le Frodebu de Léonce ne serait plus en conformité avec la loi sur les partis politiques étant donné qu’il ne remplit plus les exigences d’appartenance ethnique requise du côté de ses membres fondateurs.

Un parti politique pour avoir un passeport diplomatique

Une autre raison serait le soutien indéfectible que Léonce a promis à l’ex-députée, Madame Alice Nzomukunda, qui vient de fonder son propre parti politique après qu’elle eut été successivement exclue du CNDD-FDD et déchue de l’Assemblée Nationale. Selon des sources concordantes, elle vient de fonder son parti politique dans l’unique but de récupérer son passeport diplomatique, parce que les chefs des partis politiques sont dans la catégorie des citoyens burundais qui bénéficient de ce privilège.

Puisque le pays compte déjà plus d’une trentaine de partis politiques dont la grande majorité n’existe que de nom, il est grand temps que la loi sur les partis politiques soit revue pour n’accorder le passeport diplomatique et un protocole honorifique qu’aux chefs de parti qui jouissent d’une certaine représentativité au parlement. Solitaire et jusqu’auboutiste, le député Léonce multiplie les sorties médiatiques, tout en continuant à inonder des lettres et des larmes de crocodile à l’intention de la communauté internationale quant aux prétendues violations des lois de la République. S’agit-il d’une descente aux enfers d’un politicien dépassé la tournure des événements ? Les diplomates font montre de prudence dans ce genre de situation. Ils saluent plutôt les efforts de consolidation de la paix.

Une chose est sûre : un nouveau règlement d’ordre intérieur va permettre de compléter le bureau de l’assemblée nationale ; les lois sont en train d’être votées à la grande satisfaction de la population et de la communauté internationale. Le parlement va contrôler l’action du gouvernement et surtout se pencher sur les secours à apporter aux couches menacées par la famine et par la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant. Plutôt que de se préoccuper de son propre sort, le député Léonce Ngendakumana devrait ruminer sa défaite plus calmement et apporter sa pierre à l’édification d’un pays travailleur et solidaire des efforts de la communauté internationale au secours des pauvres hères du Burundi.

Auteur: Samson Kwizera, Ottawa

Source: www.burundivision.org