Dimanche le 10 aout 2008
Au moment où s’ouvrent à Pékin les jeux de la 29e Olympiade, il me paraît opportun de rappeler quelques faits historiques qui ont toujours contrarié l’idéal de la fraternisation par le sport. L’actualité sportive depuis le Marquis Pierre de Coubertin (le fondateur des Jeux Olympiques modernes) à nos jours, nous renseigne que le sport a toujours rimé avec politique et économie. On sait en effet que les organisateurs de grands événements sportifs mondiaux ont des liens avec la haute politique et la haute finance. Ils offrent «le cirque» au bon peuple du village planétaire, mais gardent «le pain» pour eux-mêmes et pour leurs financiers? Par exemple, les Québécois plus que tout autre Canadien, ne se sont pas encore remis de la grosse facture des Jeux olympiques de Montréal 1976. Je ne traite pas le cas des joueurs multimillionnaires qui est un phénomène très récent (depuis les années 1980) et ne constitue pas ici, l’objet de mon analyse.
En analysant l’évolution historique du sport, je suis tenté de dire que 2000 ans d’histoire séparent dans la même logique les pugilistes hollywoodiens qui se détruisent sans merci avec les gladiateurs romains qui criaient «Ave Cesare Morituri Te Salutante» («Salut César, ceux qui vont mourir te saluent»), saluaient les gladiateurs, avant d’affronter, qui le tigre, qui le lion; parce que nombreux y étaient blessés mortellement). Qu’on pense aussi à tous les accidents mortels consécutifs au dopage dans le milieu de la haute compétition.
Sur le plan communicationnel, l’importance des événements sportifs n’est plus à démontrer depuis qu’Hitler avait compris avec les Jeux olympiques de Munich 1936, la force incommensurable des jeux dans le domaine de la Mobilisation-Propagande. Que dire des dizaines de milliers de spectateurs brésiliens qui assistèrent la mort dans l’âme à la défaite de leur équipe face à l’Uruguay au mondial de soccer (football) de 1950 et ce, dans leur propre «temple» de Maracaña Stadium (à cette époque, ce stade pouvait recevoir 80.000 spectateurs)! Le sport n’est ni moins ni plus qu’une affaire d’État pour faire rayonner d’un cran la diplomatie et la grandeur des États. La défaite des États-Unis devant l’Iran au mondial de 1998 ne saurait être interprétée autrement.
Néanmoins, la beauté du sport est que les Iraniens peuvent jouer contre les Américains sans animosité apparente même s’ils ont tous en tête la portée des différends opposant leur gouvernement respectif. Il n’en demeure pas moins vrai que les centaines de milliers de téléspectateurs qui avaient suivi le match Iran contre États-Unis, éprouvaient un malin plaisir à savourer la défaite des États-Unis dans le même sens qu’un camp adverse éprouve du plaisir à la défaite d’une équipe qui domine outrageusement un championnat. Je ne saurai terminer sans mentionner le haut degré de perfection dont a fait montre la Chine dans les cérémonies d’ouverture de la 29e Olympiade. Ah Oui! Depuis que la Chine s’est réveillée, le monde n’a cessé de trembler ou… de s’émerveiller, c’est selon.
Antoine Bahimanga.
Source: www.burundivision.org