APRÈS 47 ANS D'INDÉPENDANCE, UN HUTU DEVIENT CHEF DE L’ARMÉE BURUNDAISE

Lundi le 27 avril 2009

Pour la première fois dans l’histoire du Burundi indépendant, le chef d’État-major général de l’armée burundaise est un Hutu. Si la nouvelle était banale personne n’y aurait consacré une ligne. La nouvelle a été relayée par la quasi-totalité des journaux du pays.

Dans notre région des Grands Lacs, on avance à reculons. Certains pensent avancer en niant les ethnies parce qu’elles seraient génocidaires alors qu’elles ne le sont nullement en soi. Ça dépend de la gestion qu’on en fait :

(i) Dire qu’elles n’existent pas et laisser faire le favoritisme ethnique;

(ii) Ou bien, les reconnaître et faire en sorte que personne ne les utilise à mauvais escient ou n’est marginalisé du simple fait qu’il appartient à l’autre ethnie.

Les États-Unis ont aujourd’hui un noir à leur tête, en la personne du très charismatique président Barak Obama. Il y a quelques années, Colin Powell avait été le premier chef d’État-major général de couleur, Condoleeza Rice, la première femme noire à occuper le poste de Secrétaire au Département d’État, Madeleine Albright la première femme à occuper le poste de Secrétaire au Département d’État et John Kennedy, le premier Catholique à la Maison Blanche. Il faut signaler que cela n'a pas été un fruit du hasard. C'est par le travail acharné dans les écoles, de multiples initiatives civiques ainsi que les divers mouvements d'émancipation comme celui initié par Martin L.King.

Au Burundi, en 1993, l 'armée mono ethnique Tutsi, appuyée par la classe politique d’alors a, pour des intérêts sectaires, préféré plonger le pays dans une aventure meurtrière en exécutant sauvagement celui que le peuple avait démocratiquement élu, un Hutu, feu président Ndadaye Melchior. Ce peuple se leva comme un seul homme et défendit courageusement sa démocratie poussant ces criminels à accepter les négociations d'Arusha en Tanzanie et un accord de paix fut signé entre les belligérants. Le peuple reprit ses droits en élisant un autre gouvernement pendant l'été 2005.

La cohabitation politique qui s'est installée depuis peu et encadrée par ces accords d'Arusha est en train de faire évoluer les esprits vers plus de tolérance, de telle sorte que, petit à petit, la société burundaise s'oriente vers une situation où tous les citoyens jouiront des mêmes droits. La nomination d'un général Hutu ex-FDD (Forces populaires' pour la Défense de la Démocratie ) comme Chef d'État-major Général de l'Armée Nationale s'inscrit dans ce même ordre d'idées.

Je termine en encourageant le gouvernement dans le noble travail qu'il s'est assigné de réconcilier le peuple burundais en bannissant , à jamais, l'intolérance sous toutes ses formes, de garantir les droits et les libertés individuelles et de développer tous les secteurs de la vie nationale.

Auteur: BV

Source: burundivision.org