Mercredi le 27 janvier 2010
Les insurgés islamistes radicaux shebab ont revendiqué mardi le tir de mortier de lundi contre la base de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) qui a fait plusieurs morts dont un soldat ougandais. "L'attaque dans la base des infidèles africains a été menée par nos Moujahidines. C'est une attaque réussie qui a fait de nombreux morts parmi les médecins ennemis", a déclaré à la presse le porte-parole des shebab Cheikh Ali Mohamoud Rage.
Selon des sources concordantes interrogées par l'AFP, un obus de mortier a frappé lundi une entrée annexe de la base, à l'endroit où des dizaines de malades, des civils somaliens, attendent habituellement pour consulter des médecins de l'Amisom.
"Nous avons ciblé les ennemis d'Allah (l'Amisom) qui se singularisent par le bombardement de quartiers densément peuplés à Mogadiscio", a ajouté le porte-parole.
Un soldat ougandais a été tué dans l'attaque. Selon une source travaillant sur la base, l'attaque a fait également quatre morts somaliens. Interrogé mardi matin, le porte-parole de l'Amisom, le major Ba-Hoku Barigye, a affirmé ne pas avoir de bilan précis de l'attaque.
Presque simultanément, un tir de mortier a visé lundi le détachement burundais de l'Amisom, déployé à l'Université de Mogadiscio (dans le sud-ouest de la ville). Un soldat burundais a été tué dans l'attaque, toujours selon la même source travaillant sur la base.
Les corps des deux soldats ont été évacués mardi matin par avion, à l'issue d'une brève cérémonie d'hommage militaire organisée à l'aube près du quartier général de l'Amisom, a constaté l'AFP.
Des chars et des véhicules blindés blancs marqués du sigle de l'UA ont défilé devant les deux cercueils d'aluminium, recouverts d'un drapeau burundais et ougandais.
Au son de la sonnerie aux morts, les deux dépouilles ont été ensuite portées par des militaires des deux contingents et déposées dans deux véhicules pour être amenées vers un avion.
Comptant près de 5.300 soldats ougandais et burundais, l'Amisom intervient en soutien au gouvernement de transition (TFG), dont l'autorité se limite à quelques quartiers de Mogadiscio, face aux insurgés islamistes shebab et leurs alliés du Hezb al-Islam.
Les insurgés islamistes shebab se réclament d'al-Qaïda et comptent dans leurs rangs plusieurs centaines de jihadistes étrangers. Ils considèrent l'Amisom comme une "force d'occupation", contre laquelle ils ont mené plusieurs sanglants attentats-suicide.
Ils tirent régulièrement des obus de mortiers sur la base de l'Amisom et leurs détachements déployés sur les points stratégiques de Mogadiscio.
L'Amisom réplique tout aussi régulièrement, et ces échanges de tirs font de nombreuses victimes civiles, même si la force de paix affirme tout faire pour minimiser les victimes collatérales.
Auteur:
Source:http://www.lemonde.fr